Le profil du projet et ses perspectives

Le produit visé

L’appareil produit en petite série pourrait avoir un coût de l’ordre de 3000 €. Il aurait deux modalités d’acquisition (acoustique et électrique) dont une seule serait utilisable chez les patients en moins bon état auditif et il serait capable d’estimer l’amplitude et la phase des signaux à une cadence pouvant atteindre 5 couples amplitude / phase par seconde. Une cadence d'un couple toutes les 4 s suffirait pour une partie des applications dans le cadre du suivi de la maladie de Menière. Les deux versions construites, "médecin" avec affichage temps réel, "patient" compacte autonome avec stockage à domicile et télétraitement, seront à tous points de vue nettement plus performantes que les actuels appareils d’otoémissions en service pour le dépistage universel néonatal des surdités, dont la conception remonte à plus de 10 ans.

Sa valorisation

La version otoémissions seules de notre appareil (Büki et al., 1996, Avan et al., 2000) a fait l’objet d’une tentative d’industrialisation qui implique deux firmes aux USA (Rice Creek Medical, Minneapolis, Etymotic Research, Chicago), partenaires de l’équipe de biophysique dans le cadre d’un brevet ancien ("Non-invasive method and apparatus for monitoring intracranial pressure", US n° 6 589 189). Cette tentative est limitée par l’impossibilité, avec les prototypes réalisés, d’enregistrer autre chose que des otoémissions. Notre projet DREAMM lève ce verrou par des méthodes originales dont la valorisation est possible. Celle-ci sera d'autant plus à envisager que nos études préliminaires avec les otoémissions ont permis de faire ressortir plusieurs autres domaines d’applications que le Menière. Le premier est l’étude de la PIL en relation avec les performances de l’individu en situations extrêmes. Ainsi, la microgravité est actuellement étudiée au cours de campagnes CNES à bord d’un Airbus A300 en vols paraboliques (avec succès : Avan et al., 2005). L’étude physiologique du rôle de la PIL sur le mal de l'espace serait restée inenvisageable en l’absence de méthode non invasive : notre prototype "otoémissions" a été le 1er à répondre à cette exigence.

Pression intracrânienne

Un deuxième champ d’investigations médicales élargi résulte de ce qu’en quelques secondes, PIL et pression intracrânienne s’équilibrent (la maladie de Menière est l’exception, justement parce que la régulation des compartiments de l’oreille interne qui permet cet équilibre est rompue). Notre concept fournit une piste pour une estimation des variations de pression intracrânienne cette fois, potentiellement utilisable pour le suivi des patients traumatisés crâniens ou en hypertension intracrânienne plus chronique (hydrocéphalie, radiothérapie…). Il faut savoir que la seule possibilité actuelle de suivre la pression intracrânienne est sanglante (cathéter de pose neurochirurgicale) et non dépourvue de risque. Ceci rend la pression intracrânienne inaccessible à un certain nombre d'équipes jusqu'à ce que son élévation se traduise par des troubles cliniques évidents. La validation de ces idées pourra être entreprise à l'issue du projet DREAMM avec le même appareil sans modification.

Revision: r1.1 - 11 Dec 2006 - 03:19 - TWikiGuest
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